Diagnostic

Le DPE : diagnostic de performance énergétique

Mis à jour le 9 septembre 2026 14 min de lecture

Le diagnostic de performance énergétique est le seul diagnostic immobilier exigé pour tous les logements, sans condition d'âge ni de localisation. C'est aussi le seul dont le résultat a des conséquences directes sur le droit de louer : depuis le 1er janvier 2025, un logement classé G ne peut plus être mis en location en France métropolitaine. Il est enfin le seul à être opposable — un acquéreur ou un locataire peut s'en prévaloir en justice si les valeurs affichées se révèlent fausses.

Cette page rassemble ce qu'un propriétaire a besoin de savoir avant de commander un DPE : ce que la loi exige exactement, qui peut le réaliser, comment lire le rapport, ce qu'il coûte, combien de temps il reste valable et ce que l'on risque à s'en passer.

L'obligation et les textes

Le DPE est encadré par les articles L126-26 et suivants du code de la construction et de l'habitation. Il fait partie du dossier de diagnostic technique que le vendeur remet à l'acquéreur au plus tard à la signature de la promesse de vente, et que le bailleur annexe au bail. Son résultat doit par ailleurs figurer dans toute annonce immobilière, qu'elle émane d'un particulier ou d'un professionnel.

L'obligation ne dépend ni de l'année de construction, ni de la commune, ni du type de bien : maison, appartement, logement neuf comme logement ancien y sont soumis. Quelques situations en dispensent, principalement les bâtiments indépendants de moins de 50 m² de surface de plancher, les logements occupés moins de quatre mois par an, les constructions provisoires de moins de deux ans et les monuments historiques classés ou inscrits. Ces dispenses sont limitativement énumérées : un logement vacant, un logement vendu à rénover ou un bien vendu « en l'état » n'en fait pas partie.

Ce qui a changé depuis 2021

Le DPE a été profondément réformé le 1er juillet 2021. Trois évolutions structurent la situation actuelle.

La méthode de calcul est devenue unique. L'ancien DPE « sur factures », qui estimait la consommation à partir des relevés des occupants précédents, a disparu. Tous les logements sont désormais évalués par la méthode conventionnelle 3CL, qui calcule la consommation théorique du bâti à partir de ses caractéristiques physiques — isolation, menuiseries, système de chauffage, production d'eau chaude, ventilation. Deux logements identiques obtiennent donc la même étiquette, quel que soit le comportement de leurs occupants.

Le DPE est devenu opposable. Il n'a plus valeur simplement informative. Un acquéreur qui découvre que l'étiquette annoncée était fausse peut engager la responsabilité du vendeur et demander réparation.

Les DPE antérieurs ont été périmés par anticipation. Ceux établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont cessé d'être valables le 1er janvier 2025, sans attendre leurs dix ans.

Deux ajustements récents que beaucoup de tableaux ignorent encore

  • Petites surfaces, depuis le 1er juillet 2024 — les seuils d'étiquette ont été corrigés pour les logements dont la surface de référence n'excède pas 40 m², par tranche de 5 m². La consommation d'eau chaude étant rapportée à la surface, le calcul pénalisait mécaniquement les studios. Un DPE établi entre juillet 2021 et juillet 2024 sur un tel logement peut faire l'objet d'une attestation de nouvelle étiquette, sans refaire le diagnostic.
  • Électricité, depuis le 1er janvier 2026 — le coefficient de conversion de l'électricité en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9. La consommation affichée pour un logement chauffé à l'électricité baisse d'environ 17 %.

Qui peut réaliser un DPE

Seul un diagnostiqueur certifié peut établir un DPE. La certification est délivrée par un organisme lui-même accrédité par le COFRAC, pour une durée de sept ans, et suppose la réussite d'examens théoriques et pratiques ainsi qu'une surveillance en cours de cycle.

Le DPE fait l'objet de deux niveaux de certification distincts : l'un pour les logements individuels et les lots d'habitation, l'autre, dit « avec mention », exigé pour les immeubles collectifs d'habitation et les bâtiments tertiaires. Un professionnel certifié pour un appartement n'est donc pas nécessairement habilité à réaliser le DPE de l'immeuble entier.

Le diagnostiqueur doit être impartial et indépendant : il ne peut avoir aucun lien de nature à porter atteinte à son impartialité avec le propriétaire, ni avec une entreprise susceptible de réaliser les travaux qu'il préconise. Il doit être couvert par une assurance de responsabilité civile professionnelle. Ces obligations sont contrôlées par la DGCCRF, dont les enquêtes relèvent régulièrement des manquements.

Vous pouvez vérifier gratuitement la validité du certificat d'un professionnel sur l'annuaire officiel du ministère du Logement. C'est le seul moyen de s'assurer que le rapport sera opposable : un DPE établi par un professionnel dont la certification a expiré n'a aucune valeur. Notre annuaire des diagnostiqueurs certifiés par département recense les certificats en cours de validité.

Ce que contient le rapport et comment le lire

Un DPE fait généralement entre six et dix pages. L'essentiel tient sur la première, mais trois autres parties méritent d'être lues attentivement.

Les deux étiquettes

Le DPE affiche deux échelles de A à G, et non une seule. La première mesure la consommation d'énergie primaire, en kilowattheures par mètre carré et par an. La seconde mesure les émissions de gaz à effet de serre, en kilogrammes de CO₂ équivalent par mètre carré et par an.

La règle qui surprend le plus les propriétaires : c'est la moins bonne des deux qui détermine la classe du logement. Un logement très bien isolé mais chauffé au fioul peut être classé E ou F à cause de ses seules émissions, alors que sa consommation le placerait en C. Inversement, un logement électrique médiocrement isolé peut afficher une bonne étiquette climat et une mauvaise étiquette énergie. Comprendre lequel des deux critères vous déclasse est la première chose à regarder, parce que cela détermine entièrement la nature des travaux utiles : isoler dans un cas, changer d'énergie de chauffage dans l'autre.

L'estimation des coûts annuels

Le rapport affiche une fourchette de dépenses énergétiques annuelles. C'est une estimation conventionnelle, calculée sur des tarifs de l'énergie fixés par arrêté et sur un usage standard du logement — pas une prévision de votre facture. Elle sert à comparer des biens entre eux, pas à budgéter.

Le descriptif du bâti et des équipements

C'est la partie la plus utile et la moins lue. Elle détaille ce que le diagnostiqueur a effectivement relevé : nature et épaisseur des isolants, type de vitrage, système de chauffage et son rendement, production d'eau chaude, ventilation. Vérifiez-la : une erreur de saisie sur l'isolation des combles ou sur l'année de la chaudière suffit à décaler une classe. Si une donnée n'a pas pu être observée, le diagnostiqueur retient une valeur par défaut pénalisante — fournir les factures de travaux d'isolation ou la documentation de votre chaudière peut donc améliorer l'étiquette, légitimement.

Les recommandations de travaux

Le DPE propose deux scénarios de rénovation, avec une estimation de coût et de gain de classe. Ces montants sont indicatifs et souvent éloignés des devis réels. Ils n'engagent personne et n'obligent à rien : le DPE est un document d'information, pas une injonction de travaux.

Combien coûte un DPE

Les tarifs des diagnostics ne sont pas réglementés. Chaque professionnel fixe librement ses prix, et la DGCCRF rappelle régulièrement que la comparaison de plusieurs devis est la seule protection du consommateur. Pour un DPE seul, la fourchette couramment observée se situe entre 100 et 250 €, selon la surface, la complexité du bien et la région.

Trois facteurs expliquent l'essentiel des écarts. La surface et le nombre de niveaux, qui déterminent la durée de la visite. La complexité des équipements : un logement avec plusieurs systèmes de chauffage, une pompe à chaleur ou une production d'eau chaude solaire demande davantage de relevés. Et la densité de professionnels localement, qui joue sur le niveau de concurrence.

Le levier le plus efficace reste le regroupement : commander l'ensemble des diagnostics exigés lors d'une visite unique réduit sensiblement le total par rapport à des commandes séparées, le déplacement étant mutualisé. Notre guide des prix des diagnostics détaille les fourchettes par diagnostic et les pratiques de facturation à surveiller.

Durée de validité

Un DPE établi depuis le 1er juillet 2021 est valable dix ans, en vente comme en location. C'est la durée la plus longue de tous les diagnostics immobiliers.

Deux nuances méritent attention. D'abord, les DPE établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont expiré le 1er janvier 2025 : s'ils figurent encore dans un dossier, ils sont sans valeur. Ensuite, dix ans est une durée maximale, pas une garantie de pertinence : des travaux de rénovation énergétique modifient la performance du logement sans modifier le DPE. Refaire le diagnostic après une isolation ou un changement de chauffage est facultatif, mais c'est le seul moyen de valoriser les travaux à la revente — et c'est souvent nécessaire pour sortir un logement de la catégorie des passoires.

Ce que l'on risque

Les conséquences d'un DPE manquant, expiré ou erroné diffèrent selon la situation.

Absence de DPE dans une annonce. La mention des étiquettes énergie et climat est obligatoire dans toute annonce de vente ou de location. Son omission expose à une amende administrative, qui peut atteindre 3 000 € pour une personne physique et 15 000 € pour une personne morale.

DPE absent ou périmé au moment de la signature. Le vendeur ne peut alors pas se prévaloir de la clause d'exonération de la garantie des vices cachés sur le défaut correspondant. Concrètement, l'acquéreur qui découvre après coup une performance énergétique très inférieure à ce qu'il pouvait attendre conserve un recours.

DPE erroné. C'est le risque le plus concret depuis que le document est opposable. L'acquéreur ou le locataire peut demander des dommages et intérêts, une diminution du prix ou du loyer, voire l'annulation de la vente si l'erreur porte sur un élément déterminant de son consentement. Le vendeur se retourne alors en principe contre le diagnostiqueur et son assureur, mais c'est lui qui est en première ligne face à l'acquéreur.

Location d'un logement non décent. C'est aujourd'hui la sanction la plus lourde, parce qu'elle ne se traduit pas par une amende mais par une interdiction. Un locataire peut saisir le juge pour obtenir la réalisation des travaux, une réduction de loyer, voire une suspension du loyer jusqu'à la mise en conformité.

Le calendrier de la décence énergétique

La loi ne désigne pas une classe interdite mais impose un niveau de performance minimal. La formulation prête à confusion : voici les deux lectures côte à côte.

À compter du Niveau minimal exigé Classe qui ne peut plus être louée
France métropolitaine
1er janvier 2025 classes A à F G
1er janvier 2028 classes A à E F
1er janvier 2034 classes A à D E
Outre-mer
1er janvier 2028 classes A à F G
1er janvier 2031 classes A à E F

L'interdiction vise les nouveaux baux et les renouvellements : un bail en cours n'est pas rompu par l'arrivée d'une échéance. Elle concerne les logements loués nus ou meublés à usage de résidence principale.

Cas particuliers

Vendre une passoire thermique : l'audit énergétique en plus

La vente d'une maison individuelle ou d'un immeuble entier en monopropriété classé F ou G impose, depuis le 1er avril 2023, de fournir un audit énergétique réglementaire en plus du DPE. L'obligation a été étendue à la classe E le 1er janvier 2025 et visera la classe D à partir du 1er janvier 2034. Outre-mer, elle s'applique aux classes F et G depuis le 1er juillet 2024 et visera la classe E au 1er janvier 2028. L'audit propose des scénarios de rénovation chiffrés et reste valable cinq ans. Les lots de copropriété n'y sont pas soumis. Voir notre page audit énergétique réglementaire.

Appartement en copropriété

Le DPE du lot que vous vendez reste exigé, et il est distinct du DPE collectif de l'immeuble, qui relève du syndic et s'impose progressivement aux copropriétés à usage principal d'habitation selon leur nombre de lots. Les deux coexistent et ne se substituent pas l'un à l'autre. Voir DPE collectif en copropriété.

Logement neuf

Un logement livré neuf dispose d'un DPE établi à la réception. Il est exigé à la première vente comme à toute vente ultérieure : la construction récente ne dispense de rien, même si l'étiquette est bonne.

Locaux professionnels et tertiaires

Les bâtiments à usage tertiaire relèvent d'un DPE spécifique, dont la méthode et la certification du diagnostiqueur diffèrent. Voir DPE tertiaire.

Location saisonnière et meublés de tourisme

Un logement destiné à être occupé moins de quatre mois par an échappe à l'obligation de DPE. La dispense s'apprécie logement par logement et suppose que cette occupation limitée soit réelle : un meublé loué toute l'année par courts séjours successifs n'entre pas dans ce cas.

Les statistiques DPE de votre département

Nous publions, pour chaque département, le nombre de DPE réalisés depuis juillet 2021 et la part de logements classés F ou G, à partir de la base ouverte de l'ADEME. Ces chiffres situent le parc local : ils ne préjugent pas de l'étiquette de votre bien, qui ne se constate que sur place.

Guadeloupe

La Réunion

Martinique

Méthodologie et sources

Chaque affirmation réglementaire de cette page est adossée à au moins deux sources primaires concordantes — service-public.gouv.fr, Légifrance et le ministère de la Transition écologique. Les fourchettes de prix, qui ne sont pas réglementées, sont présentées comme des ordres de grandeur observés et non comme un barème.

  1. service-public.gouv.fr — « Diagnostic immobilier : diagnostic de performance énergétique (DPE) » (fiche F16096)
  2. service-public.gouv.fr — « Quels sont les diagnostics immobiliers à fournir en cas de vente d’un logement ? » (fiche F10798)
  3. service-public.gouv.fr — « Quels sont les diagnostics immobiliers qu’un bailleur doit fournir au locataire ? » (fiche F33463)
  4. Légifrance — code de la construction et de l’habitation, article L271-4 (composition du dossier de diagnostic technique en cas de vente)
  5. Légifrance — loi n° 89-462 du 6 juillet 1989, article 6 (niveau de performance minimal du logement décent au sens de l’article L173-1-1 du code de la construction et de l’habitation) et décret n° 2023-796 du 18 août 2023 pris pour son application
  6. service-public.gouv.fr — « Logement à louer décent », volets Métropole et Outre-mer (fiche F35978) : calendrier du critère de performance énergétique, baux concernés et limites au pouvoir du juge
  7. ecologie.gouv.fr — « Évolution du calcul du DPE au 1er janvier 2026 : favoriser l’électrification du chauffage des logements » (coefficient de conversion en énergie primaire de l’électricité ramené de 2,3 à 1,9 par l’arrêté du 13 août 2025, applicable aux DPE établis à compter du 1er janvier 2026)
  8. Légifrance — arrêté du 25 mars 2024 modifiant les seuils des étiquettes du DPE pour les logements de petites surfaces (surface de référence inférieure ou égale à 40 m², seuils ajustés par tranche de 5 m²) et actualisant les tarifs annuels de l’énergie, en vigueur le 1er juillet 2024
  9. service-public.gouv.fr — « Audit énergétique en cas de vente d’un bien immobilier dit passoire thermique » (fiche F37110)
  10. service-public.gouv.fr — « Diagnostic de performance énergétique collectif (DPE collectif) » (fiche F37504)
  11. economie.gouv.fr (DGCCRF) — fiche pratique « Faire appel à un diagnostiqueur immobilier »

Chiffres réglementaires vérifiés sur ces sources le 9 septembre 2026.

Questions fréquentes

Le DPE est-il obligatoire pour tous les logements ?

Presque. Il est exigé pour toute vente et toute mise en location, quelle que soit l'année de construction. Quatre situations en dispensent : les bâtiments indépendants d'une surface de plancher inférieure à 50 m², les constructions provisoires prévues pour une durée d'usage de moins de deux ans, les logements destinés à être occupés moins de quatre mois par an, et les monuments historiques classés ou inscrits. Les lieux de culte et certains bâtiments agricoles ou industriels peu chauffés en sont également exclus.

Mon DPE de 2019 est-il encore valable ?

Non. Les DPE établis entre le 1er janvier 2018 et le 30 juin 2021 ont cessé d'être valables le 1er janvier 2025, avant d'avoir atteint leurs dix ans, en raison du changement de méthode de calcul intervenu le 1er juillet 2021. Seuls les DPE établis depuis cette date suivent la règle des dix ans pleins.

Qui doit payer le DPE ?

Le vendeur en cas de vente, le bailleur en cas de location. Ce coût ne peut être ni refacturé à l'acquéreur, ni mis à la charge du locataire, ni déduit du dépôt de garantie. Le bailleur ne peut pas davantage exiger du candidat locataire qu'il fournisse lui-même un DPE.

Que risque un vendeur qui fournit un DPE erroné ?

Depuis le 1er juillet 2021, le DPE est opposable : l'acquéreur ou le locataire peut s'en prévaloir contre le vendeur ou le bailleur. Il peut engager sa responsabilité contractuelle et demander des dommages et intérêts, une diminution du prix, voire l'annulation de la vente si l'erreur est substantielle. Le diagnostiqueur et son assurance sont généralement appelés en garantie. L'absence pure et simple de DPE dans une annonce expose en outre à une amende administrative.

Puis-je encore louer un logement classé G ?

Non en France métropolitaine. Depuis le 1er janvier 2025, un logement dont la performance est inférieure à la classe F n'est plus décent et ne peut plus faire l'objet d'un nouveau bail ni d'un renouvellement. La classe F sera concernée au 1er janvier 2028 et la classe E au 1er janvier 2034. Outre-mer, le calendrier est décalé : la classe G y est visée au 1er janvier 2028 et la classe F au 1er janvier 2031.

Le DPE a-t-il changé au 1er janvier 2026 ?

Oui, sur un point technique aux effets concrets. Le coefficient qui convertit l'électricité consommée en énergie primaire est passé de 2,3 à 1,9 pour les DPE établis à compter du 1er janvier 2026. La consommation en énergie primaire affichée pour un logement chauffé à l'électricité baisse d'environ 17 %, ce qui peut faire gagner une classe à certains logements. Les DPE antérieurs restent valables jusqu'à leur terme : aucun logement ne voit sa classe se dégrader du fait de cette réforme.