Diagnostic

Le diagnostic plomb : constat de risque d'exposition au plomb (CREP)

Mis à jour le 9 septembre 2026 10 min de lecture

Le constat de risque d'exposition au plomb — le CREP — est le diagnostic dont la logique est la plus souvent mal comprise. Il ne mesure pas la présence de plomb dans l'eau, contrairement à ce que beaucoup de vendeurs supposent, mais dans les peintures anciennes. Et sa durée de validité ne dépend pas d'un délai fixe mais de son résultat : un constat négatif ne sera jamais à refaire, un constat positif se périme en un an.

Derrière ce document se trouve un enjeu de santé publique précis : le saturnisme infantile. Les écailles de peinture au plomb, ingérées par un jeune enfant, provoquent des atteintes neurologiques irréversibles. C'est ce qui explique la sévérité du dispositif et les obligations qu'un constat positif déclenche.

L'obligation et les textes

Le CREP est régi par les articles L1334-5 et suivants et R1334-10 et suivants du code de la santé publique. Il est exigé dans trois situations distinctes.

À la vente d'un logement construit avant le 1er janvier 1949. Le constat est intégré au dossier de diagnostic technique remis à l'acquéreur au plus tard à la signature de la promesse.

À la mise en location d'un logement construit avant cette même date. Le constat est annexé au bail. C'est une obligation plus récente que pour la vente, et encore fréquemment négligée par les bailleurs particuliers.

Avant travaux sur les parties communes d'un immeuble construit avant 1949. Le propriétaire ou le syndic doit faire établir un constat avant d'engager des travaux susceptibles de libérer des poussières de plomb, afin de protéger les intervenants et les occupants.

Le critère, c'est la date du permis de construire

Pas la date d'achèvement, pas la date d'acquisition, pas l'aspect du bâtiment. Un immeuble dont le permis date de 1948 mais achevé en 1951 est concerné ; un immeuble dont le permis date de 1949 ne l'est pas, même s'il a été construit selon des techniques identiques. En cas de doute sur un bâti de la fin des années 1940, le service de l'urbanisme de la mairie détient la date exacte.

Qui peut réaliser un CREP

Le CREP relève d'une certification spécifique, distincte de celles du DPE ou de l'amiante, délivrée par un organisme accrédité par le COFRAC. Le diagnostiqueur doit être indépendant du propriétaire et de toute entreprise susceptible de réaliser les travaux de suppression du risque, et assuré en responsabilité civile professionnelle.

La mesure se fait par fluorescence X, au moyen d'un appareil portatif contenant une source radioactive scellée. Cet appareil impose au professionnel des obligations propres : autorisation de détention, contrôles périodiques, suivi dosimétrique. C'est l'une des raisons pour lesquelles tous les diagnostiqueurs ne proposent pas le CREP, et pour lesquelles son tarif est supérieur à celui d'un diagnostic purement visuel.

Vous pouvez vérifier la validité du certificat sur l'annuaire officiel du ministère du Logement. Notre annuaire par département recense les professionnels dont le certificat est en cours de validité.

Ce que contient le rapport et comment le lire

Le CREP recense, unité de diagnostic par unité de diagnostic, l'ensemble des revêtements du logement : murs, plafonds, plinthes, portes et leurs huisseries, fenêtres, volets intérieurs, escaliers. Chaque mesure donne une concentration surfacique en milligrammes par centimètre carré, et le seuil réglementaire est fixé à 1 mg/cm².

Les quatre classes

C'est le cœur du document, et la partie qu'il faut savoir lire, car tout en découle.

  • Classe 0 — concentration inférieure au seuil, ou absence de plomb. Aucune obligation.
  • Classe 1 — plomb présent au-delà du seuil, revêtement en bon état d'entretien. Aucune obligation de travaux : le plomb est recouvert et ne se libère pas.
  • Classe 2 — plomb présent, revêtement non dégradé mais présentant un état d'usage. Surveillance recommandée.
  • Classe 3 — plomb présent sur un revêtement dégradé : écaillé, cloqué, pulvérulent. C'est la seule classe qui déclenche des obligations.

Un constat qui relève du plomb n'est donc pas, en soi, un mauvais résultat. Un logement ancien entièrement classé 1 ne pose aucun problème juridique et ne réclame aucun travaux. C'est la dégradation du revêtement, et elle seule, qui transforme une présence en risque.

Les autres parties du rapport

Le constat comporte également un croquis du logement localisant les unités mesurées, un relevé des facteurs de dégradation du bâti — traces d'humidité, infiltrations, planchers menaçants — et une notice d'information sur les effets du plomb sur la santé et les précautions à prendre. Cette notice doit être remise à l'acquéreur ou au locataire : son absence est un motif fréquent de dossier incomplet.

Combien coûte un CREP

Les tarifs ne sont pas réglementés. Pour un CREP seul, la fourchette couramment observée se situe entre 120 et 300 €. Le prix dépend directement du nombre d'unités de diagnostic à mesurer : un studio d'une pièce demande quelques dizaines de mesures, une maison de six pièces plusieurs centaines, et le temps de visite suit.

Le CREP est presque toujours commandé avec d'autres diagnostics, puisqu'un logement antérieur à 1949 déclenche simultanément l'amiante et, le plus souvent, le gaz et l'électricité. Le regroupement en une visite unique est ici particulièrement rentable. Voir notre guide des prix.

Durée de validité

Le CREP est le seul diagnostic dont la validité dépend entièrement du résultat.

  • Constat négatif — absence de plomb, ou concentrations sous le seuil : validité illimitée. Le document se conserve et se transmet indéfiniment, d'un propriétaire à l'autre.
  • Constat positif — au moins une unité au-delà du seuil : moins d'un an à la signature de la vente, moins de six ans à la signature du bail.

Cette asymétrie a une conséquence pratique utile : si vous possédez un logement ancien et qu'un CREP négatif a déjà été établi, même il y a quinze ans, il reste valable. Réclamez-le au précédent propriétaire ou à votre notaire avant d'en commander un nouveau.

Ce que l'on risque

Absence de CREP à la vente. Le vendeur ne peut plus se prévaloir de la clause d'exonération de la garantie des vices cachés pour ce qui concerne le plomb. Si l'acquéreur découvre ensuite des peintures au plomb dégradées, il peut demander une réduction du prix ou la résolution de la vente, et faire supporter au vendeur le coût des travaux.

Absence de CREP à la location. Le bailleur s'expose aux mêmes conséquences civiles, et le manquement peut être retenu au titre du logement non décent.

Non-respect des obligations après un constat de classe 3. C'est ici que le dispositif devient pénal. Le propriétaire qui, informé de la présence de revêtements dégradés contenant du plomb, s'abstient d'en informer les occupants et de faire réaliser les travaux s'expose à des sanctions au titre du code de la santé publique. Le préfet, destinataire d'une copie du constat, peut faire procéder à un contrôle et prescrire d'office les travaux aux frais du propriétaire.

Fausse déclaration. Un constat de complaisance, ou la dissimulation d'un constat positif existant, relève du dol et peut justifier l'annulation de la vente.

Cas particuliers

Parties communes d'un immeuble ancien

Les parties communes d'un immeuble construit avant 1949 relèvent d'un CREP propre, à la charge du syndicat des copropriétaires. Il est distinct de celui du lot vendu et doit être tenu à disposition. Avant des travaux sur ces parties communes, un constat préalable est obligatoire.

Plomb dans l'eau : ce n'est pas le CREP

Le plomb des canalisations relève d'un tout autre dispositif, sanitaire, qui ne fait pas partie du dossier de diagnostic technique. Le CREP ne l'examine pas et ne dit rien de la qualité de l'eau. Si votre immeuble ancien a conservé des canalisations en plomb, c'est auprès du service des eaux de la commune qu'il faut se renseigner.

Avant travaux : une obligation plus limitée qu'on ne le croit

Contrairement à l'amiante, le code du travail n'impose pas au donneur d'ordre de repérage plomb préalable aux travaux. Il fixe des obligations de prévention, d'hygiène et de suivi individuel renforcé pour les salariés exposés, mais la démarche de repérage relève d'une initiative volontaire. Sur un bâti antérieur à 1949, elle reste fortement recommandée : sans elle, l'entreprise intervient à l'aveugle et le maître d'ouvrage engage sa responsabilité en cas d'exposition. Notre guide diagnostics avant travaux détaille ce qui est obligatoire et ce qui ne l'est pas.

Immeuble mixte ou local commercial

Le CREP vise les locaux à usage d'habitation. Un local commercial en rez-de-chaussée d'un immeuble ancien n'y est pas soumis pour lui-même, mais les parties communes de l'immeuble le restent.

Le parc concerné dans votre département

Nous publions, pour chaque département, la part des résidences principales construites avant 1946 — la tranche du recensement INSEE la plus proche du seuil réglementaire de 1949. Cet indicateur situe l'ampleur du parc potentiellement concerné : il ne préjuge évidemment pas du résultat sur un logement donné.

Guadeloupe

La Réunion

Martinique

Méthodologie et sources

Chaque affirmation réglementaire de cette page est adossée à au moins deux sources primaires concordantes. Le point relatif à l'absence d'obligation de repérage plomb avant travaux, contre-intuitif et souvent mal rapporté, est sourcé à la fois sur le code du travail et sur l'OPPBTP. Les fourchettes de prix, qui ne sont pas réglementées, sont des ordres de grandeur observés et non un barème.

  1. service-public.gouv.fr — « Diagnostic immobilier : constat de risque d’exposition au plomb (Crep) » (fiche F1142)
  2. service-public.gouv.fr — « Quels sont les diagnostics immobiliers à fournir en cas de vente d’un logement ? » (fiche F10798)
  3. service-public.gouv.fr — « Quels sont les diagnostics immobiliers qu’un bailleur doit fournir au locataire ? » (fiche F33463)
  4. Légifrance — code de la santé publique, articles R1334-10 à R1334-12 (CREP établi depuis moins de six ans à la date de signature du contrat de location, validité non limitée en l’absence de plomb)
  5. Légifrance — code de la santé publique, article L1334-8 (CREP préalable aux travaux sur les parties communes d’un immeuble construit avant le 1er janvier 1949)
  6. Légifrance — code de la construction et de l’habitation, article R271-5 (durées de validité des documents du DDT : 1 an pour le plomb, 6 mois pour les termites, 3 ans pour le gaz et l’électricité)
  7. Légifrance — code de la construction et de l’habitation, article L271-4 (composition du dossier de diagnostic technique en cas de vente)
  8. Légifrance — code du travail, sous-section 4 « Plomb et ses composés » (articles R4412-156 et suivants) : obligations d’hygiène, de prévention et de suivi individuel renforcé, sans obligation de repérage préalable
  9. OPPBTP (organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics, institué par l’article L4643-1 du code du travail) — « Quel diagnostic plomb doit être réalisé avant les travaux ? » : absence d’exigence de repérage plomb dans le code du travail, statut volontaire de la norme NF X 46-035
  10. economie.gouv.fr (DGCCRF) — fiche pratique « Faire appel à un diagnostiqueur immobilier »

Chiffres réglementaires vérifiés sur ces sources le 9 septembre 2026.

Questions fréquentes

Quels logements sont concernés par le CREP ?

Tous les logements dont le permis de construire a été délivré avant le 1er janvier 1949, ainsi que les parties communes des immeubles construits avant cette date. Le critère est la date du permis, pas la date d'achèvement des travaux ni la date d'achat. Un logement construit en 1950 n'est pas concerné, même s'il se trouve dans un quartier ancien.

Quelle est la durée de validité d'un CREP ?

Elle dépend du résultat. Si le constat conclut à l'absence de revêtements contenant du plomb, ou à des concentrations inférieures au seuil réglementaire, sa validité est illimitée : il ne sera jamais à refaire. S'il révèle du plomb au-delà du seuil, il doit dater de moins d'un an à la signature de la vente, et de moins de six ans à la signature du bail.

Pourquoi la durée est-elle différente en vente et en location ?

Parce que les textes qui la fixent ne sont pas les mêmes. La durée applicable à la vente figure dans le code de la construction et de l'habitation, celle applicable à la location dans le code de la santé publique. C'est l'un des trois écarts vente/location du dossier de diagnostic technique, avec l'électricité et le gaz.

Le CREP oblige-t-il à faire des travaux ?

Pas en tant que tel, mais il peut déclencher une obligation. Lorsque le constat révèle des revêtements dégradés contenant du plomb (classés 3), le propriétaire doit en informer les occupants et procéder aux travaux nécessaires pour supprimer le risque d'exposition. Il doit également transmettre une copie du constat au préfet, qui peut faire procéder à un contrôle.

Un CREP est-il exigé avant des travaux de rénovation ?

Pas au titre du code du travail, contrairement à l'amiante. Le code du travail impose au donneur d'ordre un repérage préalable pour l'amiante uniquement ; pour le plomb, il fixe des obligations de prévention et de suivi des salariés exposés, sans exiger de repérage en amont. Un CREP dit « avant travaux », réalisé selon la norme NF X 46-035, existe et reste vivement recommandé sur un bâti antérieur à 1949, mais il relève d'une démarche volontaire. Une obligation distincte existe en revanche avant travaux sur les parties communes d'un immeuble construit avant 1949.

Qui paie le CREP ?

Le vendeur en cas de vente, le bailleur en cas de location. Ce coût ne peut être ni refacturé à l'acquéreur, ni mis à la charge du locataire.