Le diagnostic termites est le seul diagnostic du dossier de vente dont l'obligation dépend uniquement de la localisation du bien. Ni son âge, ni sa surface, ni sa nature n'entrent en ligne de compte : ce qui déclenche l'obligation est un arrêté préfectoral délimitant la commune, ou une partie de la commune, comme zone contaminée ou susceptible de l'être à court terme.
C'est aussi, avec l'état des risques, celui dont la durée de validité est la plus courte — six mois — et c'est lui qui commande souvent le calendrier d'un dossier de vente.
L'obligation et les textes
Le régime relève des articles L126-4 et suivants et R126-1 et suivants du code de la construction et de l'habitation, complétés par les arrêtés préfectoraux départementaux. L'état parasitaire est intégré au dossier de diagnostic technique prévu à l'article L271-4 et remis à l'acquéreur au plus tard à la signature de la promesse.
Deux conditions cumulatives déclenchent l'obligation :
- le bien est situé dans une zone délimitée par arrêté préfectoral comme contaminée par les termites ou susceptible de l'être à court terme ;
- l'opération est une vente — la location n'est pas concernée.
Le zonage est décidé au niveau départemental, sur proposition des communes, et il évolue. Une commune peut être ajoutée, et la délimitation peut ne viser qu'une partie du territoire communal : deux biens de la même commune peuvent donc relever de régimes différents.
Où se renseigner
Les arrêtés sont consultables en préfecture et en mairie. Le Cerema est chargé par le ministère de la Transition écologique de recenser ces arrêtés et de diffuser la cartographie nationale des zones à termites et à mérules. En pratique, votre diagnostiqueur et votre notaire connaissent le zonage en vigueur sur leur secteur : c'est la vérification la plus rapide, et elle évite de commander un diagnostic inutile.
Qui peut réaliser le diagnostic
L'état parasitaire relève d'un diagnostiqueur certifié par un organisme accrédité par le COFRAC, au titre d'une certification spécifique. Il doit être indépendant du propriétaire et de toute entreprise de traitement — cette exigence est particulièrement sensible ici, puisque le marché du traitement anti-termites est occupé par des sociétés qui proposent parfois le diagnostic et le traitement. Une entreprise qui réalise le constat et vous vend dans la foulée le traitement se trouve en situation de conflit d'intérêts prohibée.
Le diagnostiqueur doit être couvert par une assurance de responsabilité civile professionnelle. Vérifiez la validité de son certificat sur l'annuaire officiel du ministère du Logement ; notre annuaire par département recense les certificats en cours de validité.
Ce que contient le rapport et comment le lire
Le constat est un examen visuel, complété par des sondages non destructifs des bois accessibles — le professionnel frappe et sonde les éléments porteurs pour détecter les galeries creusées à l'intérieur, les termites travaillant sans jamais percer la surface.
Le rapport recense, pièce par pièce et élément par élément :
- les parties visitées et les parties non visitées, avec la justification de chaque impossibilité d'accès ;
- les éléments infestés ou ayant été infestés, et leur localisation ;
- les éléments non infestés ;
- les indices d'infestation observés : cordonnets de terre, galeries-tunnels, bois altéré, essaimage.
La partie à lire en premier : les réserves
Sur ce diagnostic plus que sur tout autre, la liste des parties non visitées est l'information critique. Un vide sanitaire inaccessible, un comble non praticable, une cave encombrée, un plancher recouvert d'un revêtement collé : chacune de ces réserves est une zone sur laquelle le constat ne dit rien, et où l'infestation est justement la plus probable, les termites recherchant l'obscurité et l'humidité.
Un constat « négatif » assorti de cinq réserves majeures n'a pas la même valeur qu'un constat négatif sur un bâtiment intégralement accessible. Dégager les accès avant la visite est le meilleur service que puisse se rendre un vendeur.
Termites et autres insectes xylophages
L'obligation réglementaire porte sur les termites. Les diagnostiqueurs proposent fréquemment un état parasitaire élargi, couvrant également les capricornes, vrillettes et autres insectes à larves xylophages, ainsi que les champignons lignivores. Ce constat élargi n'est pas obligatoire mais il est utile, notamment sur un bâti ancien à charpente bois : les dégâts d'un capricorne des maisons peuvent être plus étendus que ceux de termites.
Reconnaître une infestation avant le diagnostic
Les termites souterrains — l'espèce concernée en France métropolitaine — vivent dans le sol et remontent dans le bâti par les fondations, à l'abri de la lumière. Ils ne laissent presque aucune trace visible en surface, ce qui explique que des charpentes entières puissent être vidées de l'intérieur sans qu'aucun occupant ne s'en aperçoive. Quelques signes, pourtant, se repèrent à l'œil nu.
- Les cordonnets de terre — des tubes de quelques millimètres de diamètre, faits de terre et de salive, que les termites construisent pour franchir une surface qu'ils ne peuvent pas creuser : un mur de soubassement, un pilier béton, une semelle de fondation. C'est l'indice le plus caractéristique.
- Le bois qui sonne creux — une plinthe, un chambranle ou une poutre dont la surface reste intacte mais qui s'enfonce sous la pression du doigt ou d'un tournevis. Les termites consomment le bois de l'intérieur en respectant systématiquement la couche superficielle.
- L'essaimage — au printemps, généralement entre avril et juin, des individus ailés sortent en nombre pour fonder de nouvelles colonies. On retrouve ensuite leurs ailes détachées près des fenêtres ou des points lumineux. Un essaimage constaté dans un logement est le signe d'une colonie installée et déjà mature.
- Les zones humides — une fuite ancienne, un vide sanitaire mal ventilé, un soubassement en contact avec la terre : l'humidité est la condition première de l'installation. Les points de dégât d'eau anciens sont les premiers endroits à faire examiner.
Ces observations ne remplacent évidemment pas le constat d'un professionnel, mais elles permettent de savoir où concentrer son attention et, surtout, quelles zones dégager avant sa visite.
Les traitements et leur coût
Un constat positif n'oblige pas à traiter avant de vendre, mais la question se posera de toute façon dans la négociation. Deux grandes approches existent, et elles ne se valent ni en prix ni en résultat.
La barrière chimique consiste à injecter un produit termiticide dans les sols périphériques et dans les maçonneries, de façon à créer une zone que les termites ne peuvent franchir. C'est le traitement le plus répandu. Il suppose un forage régulier autour du bâtiment et dans les murs porteurs. Le coût se situe couramment entre 3 000 et 10 000 € pour une maison individuelle, selon le linéaire à traiter.
Les pièges à appâts reposent sur des stations disposées autour du bâtiment, contenant un produit que les ouvrières rapportent à la colonie, provoquant son extinction progressive. Le dispositif est moins invasif mais suppose un abonnement de surveillance annuel. Le coût initial est comparable, avec une charge récurrente.
À cela s'ajoute, le cas échéant, la réparation des bois atteints : remplacement de pièces de charpente, reprise de planchers. C'est ce poste, et non le traitement lui-même, qui fait basculer les budgets vers plusieurs dizaines de milliers d'euros. D'où l'importance de la partie du rapport qui localise précisément les éléments infestés.
Exigez une garantie écrite du prestataire, et vérifiez qu'il est distinct du diagnostiqueur : l'entreprise qui constate ne doit pas être celle qui vend le traitement.
Combien coûte le diagnostic termites
Les tarifs ne sont pas réglementés. Pour un constat seul, la fourchette couramment observée se situe entre 100 et 200 € pour un appartement ou une petite maison, et peut dépasser 250 € pour une maison de grande surface ou comportant des dépendances.
Le prix dépend surtout de la surface à sonder et du nombre de niveaux, y compris les caves, combles et annexes. Un état parasitaire élargi aux autres insectes xylophages représente un supplément modeste au regard de l'information qu'il apporte.
Comme pour les autres diagnostics, le regroupement en une visite unique réduit le total. Voir notre guide des prix.
Durée de validité
Six mois à la date de la promesse de vente ou de l'acte authentique. C'est la durée la plus courte du dossier avec l'état des risques, et elle ne varie pas selon le résultat.
Cette brièveté a une conséquence pratique sur l'organisation d'une vente. Si le compromis est signé rapidement mais que l'acte définitif intervient huit mois plus tard — délai de prêt, purge d'un droit de préemption, condition suspensive —, le constat doit être refait. Mieux vaut donc le commander en dernier, une fois le calendrier de la vente stabilisé, plutôt qu'en même temps que les diagnostics à validité longue comme le DPE.
Ce que l'on risque
Absence de constat en zone concernée. Le vendeur ne peut plus se prévaloir de la clause d'exonération de la garantie des vices cachés pour ce qui concerne la présence de termites. L'acquéreur qui découvre une infestation après la vente peut demander une diminution du prix, la résolution de la vente, ou faire supporter au vendeur le coût du traitement et des réparations — un montant qui peut atteindre plusieurs dizaines de milliers d'euros lorsque la charpente ou les planchers sont atteints.
Constat périmé. Un constat de plus de six mois équivaut à un constat manquant : les conséquences sont identiques.
Défaut de déclaration en mairie. C'est une obligation distincte du diagnostic, et souvent ignorée. Toute personne qui constate la présence de termites dans un immeuble — occupant, propriétaire, ou syndic pour les parties communes — doit en faire la déclaration en mairie. Le manquement est passible d'une contravention.
Non-respect d'un arrêté de traitement. Dans une zone contaminée, le maire peut enjoindre au propriétaire de procéder à la recherche de termites et aux travaux préventifs ou d'éradication nécessaires. À défaut d'exécution, les travaux peuvent être réalisés d'office à ses frais.
Cas particuliers
Démolition en zone contaminée
La démolition totale ou partielle d'un bâtiment situé en zone contaminée impose une obligation propre : les bois et matériaux contaminés doivent être incinérés sur place ou traités avant tout transport, afin de ne pas disséminer la colonie. Une déclaration en mairie est également requise. Voir notre page diagnostics avant démolition.
Construction neuve en zone à risque
Dans les départements concernés, la construction neuve est soumise à des règles de protection contre les termites — barrière physique ou physico-chimique entre le sol et le bâtiment — et le constructeur doit fournir une notice technique le justifiant. Cette obligation est indépendante du diagnostic avant vente.
Copropriété
Le constat porte sur le lot vendu. Les parties communes relèvent du syndicat des copropriétaires, et une infestation qui les atteint appelle une action collective : le traitement d'un seul appartement est sans effet durable si la colonie est installée dans la structure de l'immeuble.
Mérule : une information, pas un diagnostic
La mérule est un champignon lignivore, et non un insecte. Elle relève d'un dispositif distinct : dans les zones délimitées par arrêté préfectoral, le vendeur doit informer l'acquéreur du risque de mérule dans la promesse ou dans l'acte de vente. Aucun diagnostic n'est exigé, et aucune durée de validité n'est fixée. Le Cerema recense également ces arrêtés.
Méthodologie et sources
Les affirmations réglementaires de cette page sont adossées à des sources primaires. Le zonage lui-même relève d'arrêtés préfectoraux départementaux, qui évoluent : cette page en expose le mécanisme, mais seule la préfecture ou la mairie fait foi pour une commune donnée. Les fourchettes de prix ne sont pas réglementées et sont des ordres de grandeur observés.
- service-public.gouv.fr — « Diagnostic termites et autres insectes xylophages » (fiche F3150)
- service-public.gouv.fr — « Quels sont les diagnostics immobiliers à fournir en cas de vente d’un logement ? » (fiche F10798)
- Légifrance — code de la construction et de l’habitation, article L271-4 (composition du dossier de diagnostic technique en cas de vente)
- Légifrance — code de la construction et de l’habitation, article R271-5 (durées de validité des documents du DDT : 1 an pour le plomb, 6 mois pour les termites, 3 ans pour le gaz et l’électricité)
- economie.gouv.fr (DGCCRF) — fiche pratique « Faire appel à un diagnostiqueur immobilier »
Chiffres réglementaires vérifiés sur ces sources le 9 septembre 2026.